L’assureur Zurich choisi GuideWire

Au Royaume-Uni, l’assureur Zurich vient d’annoncer voici quelques jours sa décision de sélectionner Guidewire Software, pour la gestion de sa nouvelle plate-forme de gestion de sinistres pour les assurances particuliers.  C’est CapGemini Financial Services UK qui assurera l’implémentation du software. Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur ces solutions de gestion informatique à destination des assureurs, c’est ici.

Pièces détachées : Démêler le vrai du faux autour des enjeux de la libéralisation


Les pièces détachées sont au cœur de bien des enjeux sur le plan de l’industrie en général. Pour l’automobile  qui nous intéresse ici, nous allons voir plus bas qu’une situation un peu particulière prévaut en France sur ce chapitre, une situation dénoncée – à tort ou à raison comme nous allons le voir, tout n’est pas clair – tant par la Fédération Française des Syndicats de la Distribution Automobile  (FEDA) que par les associations de consommateurs.

Arguments des diverses parties

La position de la FEDA

Mais les situations ne sont pas toujours très claires en ce qui concerne les intérêts de chacun, ainsi l’intense lobbying en faveur de la libéralisation des pièces de carrosserie, a par exemple conduit la FEDA (qui représente notamment des grosses enseignes comme Speedy) à critiquer les constructeurs automobiles en les accusant de profiter de leur situation de monopole pour faire fabriquer dans les pays low-cost, mais ce que souhaite la FEDA c’est précisément à terme conserver la possibilité de s’approvisionner dans ces mêmes pays low-cost : Dans un cas nous avons donc une marge importante issue d’un monopole, de l’autre une marge non moins importante mais s’inscrivant dans le respect du droit de la concurrence.

La position des constructeurs

La position des constructeurs Français n’est guère claire non plus, ils ont ainsi communiqué sur le fait que 70% des pièces protégées concernées par le projet de libéralisation étaient fabriquées sur le sol français, or la FEDA a contré cet argument en rappelant que les 70% en question ne concernaient que les véhicules fabriqués sur le sol Français. En résumé une bataille de chiffres qui flirtent à l’occasion avec l’intox sur fond d’enjeux importants et très sensibles :

  • Le risque de désindustrialisation ;
  • Le chômage ;
  • Les coûts importants pour les consommateurs.

Les pièces détachées : Un facteur important de coûts pour les ménages et les assureurs

Les pièces détachées représentent des enjeux pour les constructeurs bien sûr ne serait-ce que parce la majeure partie des coûts de production de l’automobile est précisément constituée par les pièces détachées qu’on dit de première monte.  Elles représentent aussi un poste de dépenses fort important pour les ménages, et pour les assureurs.
Ainsi d’après le SRA (Sécurité et réparation automobile), l’organe commun au GEMA et à la FFSA chargé de recueillir des statistiques sur l’automobile, les pièces détachées représenteraient en moyenne  47,3% du coût de la réparation automobile. Nul hasard donc à ce que les assureurs soutiennent eux aussi le principe de la libéralisation du marché. Pour les consommateurs, ces mêmes pièces détachées représenteraient entre 15% et 20% du montant du budget qu’ils consacrent à leur automobile (approximation d’après les données de l’autorité de la concurrence qui estime que les réparations représenteraient plus du tiers de ce même budget).

Les enjeux en termes de production et de réparation : Les flux tendus

Nous parlions ici d’une certaine catégories de pièces, à savoir les pièces de carrosserie, ou “pièces visibles”. Mais les enjeux en termes de pièces détachées dépassent de loin cette catégorie. L’épisode de Fukushima a rappelé si besoin en était la terrible dépendance des constructeurs à l’égard ce certaines pièces détachées dites “sensibles” ;  il a suffit du blocage de la production de quelques usines japonaises pour que l’ensemble de la chaîne de production soit menacée. Tout le monde comprend bien à l’aune de cet épisode la nécessité de ne pas dépendre d’un petit nombre de fournisseurs pour certaines pièces. Le problème, c’est que certaines pièces ne peuvent pour l’instant être fabriquées partout, pour diverses raisons : Ce sont dans l’immense majorité des cas les composants les plus technologiques…

Les principaux défis concernant les pièces portent sur une logistique fort complexe qui suppose :

Cette logistique a un coût qui se répercute nécessairement sur les prix, du fait même de la spécificité des pièces automobiles (énorme masse de référence), des réseaux de distribution, (dont certains acteurs souhaitent un stock zéro, compromettant ainsi les économies d’échelles qu’autoriseraient des envois de masses), du rythme des livraisons (24h, 12h pour certaines pièces).

La France : Un gros marché

D’après un rapport de 2009 sur la logistique automobile, la France serait le deuxième marché européen pour les pièces et accessoires automobiles en Europe, avec 17,5 %  de parts de marché. L’automobile représenterait le  deuxième investissement des ménages après le logement

La place des équipementiers :

Les entreprises au cœur du marché des pièces détachées sont les équipementiers, sur lesquels  l’actualité et les crises que traverse le secteur depuis quelques années ont jeté un éclairage fort, notamment dans les médias, avec pour ne parler que des plus “visibles”, Faurecia, et Valeo.

Ces équipementiers occupent deux marchés :

  •   Le marché des pièces de première monte ;
  •   Le marché des pièces de rechange.

Les équipementiers souffrent de diverses contraintes qui se sont répercutées sur les prix des pièces, d’abord une hausse importante des matières premières (l’acier par exemple) sous la pression grandissante induite par la demande des pays émergents ; des investissements importants pour accompagner le déplacement d’une partie importante de la production des constructeurs dans les pays où la main d’œuvre est moins coûteuse : C’est ce qui s’est notamment passé avec les pays de l’Europe de l’Est et les PECO : Les constructeurs imposent aux équipementiers de s’installer à côté des centres de production, en particulier pour des raisons de logistique.

à suivre dans le prochain billet, une tentative d’immersion dans le monde de la “pièce” pour tenter de démêler le vrai du faux dans les différents arguments autour de la libéralisation du marché.

Insurance Telematics Europe 2012 : Le salon consacré aux solutions télématiques dans l’assurance

L’usage de la télématique tend progressivement à se généraliser sur le territoire Européen, nul  besoin d’être prophète pour prédire que la tendance va de toute évidence se poursuivre, il suffit d’examiner les projets dans les cartons des constructeurs pour s’en convaincre.

Dissipation progressive des obstacles

D’après insurance-telematics.com un site qui comme son nom l’indique s’est spécialisé sur les questions de télématique appliquées à l’assurance, les principaux obstacles seraient déjà en train de se dissiper, ce sont rappelons-le :

  • Les coûts technologiques liés aux technologies ;
  • Le degré d’acceptation de l’usager quand à la pénétration de la technologie dans l’habitacle, et aux implications en matière « d’intrusion » dans la vie privée.

Inutile de préciser que ces progrès présumés, peuvent varier encore considérablement d’un État à un autre, à la mesure de la relative hétérogénéité qui prévaut encore dans l’Europe politique (l’UE), sans parler bien sûr de l’Europe géographique.

Une baisse à relativiser?

Cette baisse des coûts de production à laquelle j’ai fait allusion est par ailleurs à relativiser : D’une part parce que le poids de ces technologies dans le coût des véhicules ne cesse lui aussi de croitre (notamment le software!), et d’autre part parce que le coût moyen des réparations de véhicules est lui aussi en hausse du fait de la montée en puissance du technologique dans la construction automobile. Un aspect qui aura des conséquences non négligeables pour les assureurs en particulier et par voie de conséquence pour les assurés.

Par ailleurs, si les usagers de la décennie en cours sont globalement mieux disposer à accepter l’entrée de la télématique dans leur voiture, cette acceptation varie considérablement selon les États comme nous l’avons vu plus haut, un autre élément que la subjectivité de l’automobiliste étant à prendre en compte : La législation des États respectifs en ce qui concerne la protection de la vie privée.

Quelle valeur ajoutée?

Pour insurance-telematics l’introduction d’une large gamme de services dépendra au final de la valeur ajoutée créée à la fois pour le conducteur et pour l’assureur. Des conducteurs qui peuvent être en demande des nouvelles solutions et des innovations produits que ne manquera d’apporter la télématique en termes d’offres d’assurance, et les assureurs à la recherche d’une part de solutions permettant d’introduire certains éléments de régulation du comportement des consommateurs, voire un canal de communication privilégié – et surtout fortement contextuel – avec l’automobiliste assuré, le véhicule connecté présente un potentiel important en terme de marketing direct.

Le succès de l’opération dépendra notamment des partenariats optimaux entre les acteurs de l’assurance, et (notamment) les prestataires de service autour de la chaîne auto, mais aussi de la gestion stratégique de l’information.

Conséquence sur le secteur des comparateurs

La nouvelle donne pourrait par ailleurs avoir des conséquences sur la distribution de l’assurance elle même, ainsi  d’après Ian Clark, partenaire assurance chez Deloitte, la montée en puissance de la télématique pourrait avoir des conséquences sur le marché des comparateurs d’assurance auto: Alors que le marché anglais des aggregators (auquel fait référence M. Clark) est actuellement dominé par quatre géants (Go Compare, Compare the Market, Money Supermarket et Confused) , les comparateurs cherchent désormais à se différencier les uns des autres pour obtenir de nouvelles part d’un marché arrivant à saturation, on pourrait ainsi assister, après la phase de « regroupement/élimination » à une deuxième phase dite de « segmentation/spécialisation » : Certains nouveaux acteurs pourraient se positionner essentiellement sur le créneau des nouveaux contrats télématiques type « pay as you drive ».  En toute logique, le fourmillement initial de nouveaux venus devrait se résoudre progressivement ensuite en une nouvelle réduction…

Le rôle d’internet dans la diffusion du modèle

Jusqu’à présent, l’un des obstacles dominant à ce développement était comme nous l’avons dit plus haut, le coût supplémentaire induit par les fameuses « boîtes noires » (et tous les services et la technologie qui va avec) accessoire obligé de la télématique. Mais ces coûts comme nous l’avons vu devraient baisser, de plus la généralisation de ce type de contrats devrait induire – via vraisemblablement des économies d’échelle – une certaine rentabilité du modèle : N’oublions pas que dans un monde ou plus de la moitié des « nouvelles affaires » en assurance auto passe désormais par Internet (51% en 2010 d’après l’ABI) , l’argument massue de l’économie de prime d’assurance pourrait séduire beaucoup d’assurés, surtout dans des pays comme le Royaume-Uni ou les assurances atteignent des tarifs exorbitants. Bien évidemment la télématique va aussi à terme entraîner une hausse générale des tarifs, mais chut… Cela il ne faut surtout pas le dire aux consommateurs.

Un des salons de référence sur la question

Pour ceux qui s’intéressent à la télématique, un salon servira de lieu d’ancrage en 2012, Insurance Telematics Europe 2012 qui se déroulera à Londres les 9 et 10 mai prochains, un événement dédié avant tout aux assureurs ou seront présenté les business models d’aujourd’hui et de demain, ainsi que les diverses solutions technologiques à même d’accompagner la transition vers un modèle télématique.

L’utilisation des médias sociaux dans les stratégies marketing des compagnies d’assurance

Les médias sociaux, nouvel élément du Mix marketing

Les services marketing des entreprises intègreraient de manière croissante les réseaux sociaux dans leur stratégie, c’est du moins ce qui ressort d’une enquête réalisée par SourceLink, (agence de marketing direct) auprès de sa clientèle, et relayée non sans une certaine complaisance peut-être par atelier.net.  S’il paraît toujours aussi amusant de voir les agences continuer de se faire de la pub via ces « enquêtes maisons » (mais après tout comme dit la maxime populaire « on n’est jamais si bien servi que par soi même »), force est de constater que la tendance à un investissement des réseaux sociaux « publics » à des fin de marketing  par les entreprises va croissant. 

Nouvelles expertises

Ces derniers temps, c’est l’arrivée de la fameuse Timeline de Facebook qui donne des  idées aux marketeurs et aux agences  :  Même si pour l’instant rien de bien convainquant n’a vraiment été entrepris, une nouvelle expertise est en train de se créer,  une expertise qui intègrera aussi à n’en pas douter l’autre grand événement de l’année 2011 à savoir la montée en puissance de Google+ et de ses petites particularités liées à l’affichage dans les résultats de recherche. On peut raisonnablement s’attendre (qui sait…) à une reprise de l’intégration des  twitter ads (qui reste certes à négocier – sur cette question lire ceci ) dans les pages google. Plus généralement, une intégration d’autres médias sociaux « dominants » dans les résultats Google n’est pas à exclure, des médias qui ne demandent bien sûr qu’à profiter de la place dominante du quasi monopole de Google en termes de recherche. Autant d’éléments que marketeurs et décideurs devront intégrer dans leur stratégie commerciale et leur réflexion « e-réputation ».

Dans l’enquête de SourceLink, 64% des répondants déclaraient déjà utiliser les sites collaboratifs en tant que partie intégrante de leur stratégie marketing. Dans la dite stratégie, on compte bien sûr les fameux Community Managers, ces « chauffeurs de réseaux » chargé de maintenir l’ambiance autour des marques sur les réseaux sociaux, dont la présence s’avère désormais incontournable pour toute entreprise souhaitant afficher une présence en tant que marque. 

Un élément du mix-marketing, un élément du multicanal…

Les assureurs, comme les autres entreprises se sont aussi bien sur engagés fortement sur une présence dans les médias sociaux.  Même si ces derniers ne peuvent pas encore à proprement parler être considérés comme un canal de distribution,  ils pourraient cependant le devenir un jour, si par exemple Google comme certains l’annoncent, décide de proposer des services de comparaison en ligne…  On peut tout à fait concevoir un internaute effectuant sa recherche d’assurance auto en ligne : Les services de comparaisons pourraient s’afficher dans un bandeau supérieur, comme celui que les possesseurs d’un compte Google connaissent bien. En plus des options « web » , « documents » et « images »,  on pourrait ainsi voir apparaître une option « comparer » qui s’adapterait au fil de nos recherches…
 

Une utilisation complexe et à géométrie variable

À ce jour, l’intégration des médias sociaux dans le mix-marketing, s’opère selon plusieurs modalités, qui se complètent plus ou moins, et qui peuvent varier significativement en fonction des priorités retenues par les assureurs, nous sommes au final à une étape clé, où tout reste encore à inventer, et ou les assureurs testent diverses options, sur la base souvent de ce qui s’est déjà fait ailleurs, aux Etats-Unis  notamment :

  • Une stratégie de présence marque au long cours :  (La Cerise de Groupama, Aleksandr Orlov de compare the market, etc) servant souvent de relais aux stratégies publicitaires (un nouveau produit, un nouveau site, une nouvelle campagne de pub, nouvelle application) et contribuant à assoir une image, à créer une empreinte ;
  • Comme élément de la stratégie multicanal proprement dite : Un nouveau produit fait l’objet de plusieurs déclinaisons sur différents support : Pub Télé, accompagnée d’une application, et d’une présence  et campagne web (comme la récente campagne de Cétélem, sollicitant pub TV, jeu/application facebook, et vidéos sur youtube, l’ensemble relayé sur Twitter et sur les Trends blogs) ;
  • Comme élément central ou déterminant d’une campagne de marketing direct : Il arrive ainsi de manière croissante que les médias sociaux (essentiellement facebook) deviennent un élément important de la campagne de marketing, c’est le cas par exemple lors du lancement d’une application Facebook (un jeu, un test à l’occasion d’une campagne de prévention, etc), où l’internaute donne l’accès à une partie de ces données (notamment à son carnet d’adresse) ;
  • Elément déclencheur :  Parfois encore, l’intervention dans les médias sociaux est traité comme « l’élément déclencheur » de la campagne, en particulier quand le but de l’entreprise est de faire télécharger à l’assuré, ou au prospect une application pour smartphone, qui elle, servira d’élément de marketing direct, voire même – et de manière croissante – comme canal de distribution à part entière, avec les possibilités de souscription d’options via la signature électronique ;
  • La présence Relation client : Parfois les compagnies d’assurance utilisent  les médias sociaux comme élément de la gestion de leur relation client, le meilleur exemple en la matière est la page Facebook développée par Malakoff Médéric (les experts) sur laquelle de vrais conseillers, aux compétences avérées répondent aux questions des assurés et des internautes. D’autres initiatives du même type ont vu le jour notamment avec Twitter, mais le format de twitter n’est bien sûr guère adapté à une relation client. On peut s’attendre vraisemblablement à ce que les assureurs exploitent de plus en plus cet outil, qui permet un contact direct avec le client, et qui permet d’envisager des actions fines de marketing direct…

L’Allemagne abandonne son projet de taxation des ristournes pour les contrats d’assurance auto assortis de franchises

Le ministère des finances allemand vient d’abandonner son idée de taxer les réductions de primes d’assurances auto dont bénéficient les entreprises qui mettent en place des systèmes de franchises avec leur assureurs pour les assurances au tiers.

Philipp Andreae, Directeur général de la German risk managers association s’est déclaré soulagé d’une décision qui bénéficiera selon lui à tout le monde : Aux entreprises disposant de flottes importantes et qui moyennant ces franchises économisent des montants substantiels. Sur le plan de la prévention routière aussi, puisque de ce fait les employés sont encouragés à conduire plus prudemment, et pour les assureurs eux même qui estiment que la gestion de certains risques en particulier ceux portant sur la gestion de parcs automobiles ne pourraient fonctionner sans le principe des franchises ; à l’appui de ce dernier point, on pourra citer la déclaration de Peter Buchhierl, responsable de la branche assurance auto flottes entreprises chez Allianz  à l’occasion d’une conférence récente sur l’assurance auto à Cologne :  “I believe that deductibles are a first-class disciplinary instrument“…

Lire l’article sur CRE : http://www.commercialriskeurope.com/cre/1269/56/German-buyers-fears-banished-as-government-aborts-motor-deductible-tax/

Synthèse du Business Insurers Insight Report

capture du Business Insurers Insight Report

Chaque année, l’Annual Insurance 360 Business Insurers Insight Report est réalisé à partir d’un vaste sondage effectué auprès d’un échantillon représentatif des courtiers d’assurances opérant sur le territoire Britannique (360 courtiers en tout). Il est demandé à ces derniers de noter les différents assureurs avec lesquels ils ont travaillé au cours des 12 derniers mois, sur six points clés portant sur la qualité des services. Sont ensuite calculés et établis des scores et des classements sur la base des réponses des courtiers, pour chacun des points étudiés, puis enfin évaluation générale de chaque assureur. La méthodologie du sondage est accessible à l’adresse suivante : www.postonline.co.uk/2134871 à condition d’être abonné…

Nous sommes en Angleterre mais vous allez bien sûr retrouver nombre d’assureurs présents sur le sol Français. Le document qui suit n’est qu’une synthèse du Business Insurers Insight Report, mais vous pourrez déjà apprendre quelques petites choses intéressantes à mettre en relation avec le terrain Français bien sûr.

Lire la synthèse du Business Insurers Insight Report

Engager le client et l’assuré : Oui, mais pas seulement pour lui vendre produit ou service.

Ces temps-ci je rédige pas mal d’articles sur la question de l’utilisation abusive des données à caractère confidentiel, je m’intéresse en particulier à tout ce qui touche aux violations de données (data breaches) dans le cadres des données personnelles de santé (EMR) aux USA, et plus généralement à l’utilisation abusive (mais légale) qui en est faite par les acteurs de santé. Pour information il y a eu aussi aux Etats-Unis des assureurs impliqués dans des affaires de Data breaches.

Or aujourd’hui j’ai vu ceci :

application facebook d'un assureur

relayé par un tweet un peu aguicheur “Votre cercle d’amis, dans 30 ans, vous le voyez comment ?“  d’un étudiant dont le sujet de thèse est  “comment les réseaux sociaux peuvent contribuer au développement d’une nouvelle relation avec les assurés ?”, (la formulation du tweet venant peut-être du partage de l’application je n’ai pas vérifié).

Quand l’engagement client se fait intrusif

Rien de bien nouveau en ce qui concerne Facebook et ses applications third party,  forcément en demande  d’informations : C’est généralement l’une des raisons qui président à leur création. Mais je suis toujours aussi gêné de la facilité avec laquelle tout un chacun accepte de partager ses informations avec des entreprises qui conçoivent ces produits tout simplement pour récupérer des prospects : On parle maintenant de Customers engagement marketing. Pour l’application ci-dessus, on imagine bien que les données récupérées permettent un profilage déjà assez fin de l’individu. Pratique les applications…

Ce peut donc être des assureurs comme l’application plus haut du groupe Prévoir, ou celle tout aussi récente de Cetelem, (le gentil petit bonhomme un peu gourmand qui vend désormais aussi de l’assurance) ou d’autres encore : Tout le monde s’y met de toute façon. Bref des applications à connotation ‘intrusive : Pour y accéder, il faut autoriser l’accès à nos données.

L’engagement client c’est quoi exactement?

Heureusement l’engagement client (que je ne vais pas non plus vous résumer en dix lignes :-) ) ne se limite pas au marketing de captation (on récupère du prospect), ni au marketing de rétention (on souhaite vendre plus au client existant – éventuellement par la fidélisation), il est important que les assureurs le comprennent :  l’engagement client peut et doit aussi se concevoir sans sa dimension marketing : On respecte alors le client, et on travaille à gérer et améliorer la relation avec l’assuré mais pas dans l’optique de lui caser des produits. Là est la réelle valeur ajoutée pour un assureur, surtout en des temps ou la volatilité des assurés (le fameux taux de Churn) est accentuée par les sirènes faussement amicales des comparateurs.

Mais les compagnies d’assurances et les mutuelles sont-elles vraiment prêtes à s’engager sincèrement dans une telle relation? Une relation qui ne saurait se résumer à un fil de tweet, mais implique un réel engagement de la part de l’assureur > voir par exemple le cas de Médéric sur facebook > http://fr-fr.facebook.com/Les.Experts.Malakoff.Mederic un peu plus intéressant que la page Cerise de Groupama avouons-le…

Le monde connecté, les données et les médias sociaux : Risques et opportunités pour les assureurs

image d'un réseau d'individus connectés

La montée en puissance de l’internet, des médias sociaux et plus généralement des (N)TIC a des conséquences sur un nombre tellement grand d’aspects de notre vie sociale qu’il serait vain de vouloir en opérer le recensement. Porteurs d’enjeux et d’opportunités pour les marques et la plupart des activités commerciales, ils sont devenus un passage obligé – Il s’agit d’une tarte à la crème désormais – pour qui est en contact à un moment ou un autre avec les consommateurs, les patients et de manière plus générale l’individu.

Innovations produit

Les compagnies d’assurances, mutuelles et institutions de prévoyance ne font pas exception à la règle, investissant de manière croissante – parfois encore maladroite – ces nouveaux canaux de contact et de communication que constituent les réseaux sociaux, et plus généralement l’ensemble des canaux « online ».Mais pour les assureurs, l’usage croissant des technologies et médias en lignes est aussi porteur de nombreuses opportunités, en termes de produits, et même d’innovation produit : Car tout est encore à inventer en la matière, alors que l’apparition de majeure partie de ces nouveaux risques se situent dans la dernière décennie.

Médias sociaux et vie privée : La dimension du risque

visuel représentant google observant un internaute

Signe d’un début de prise en compte des problèmes de responsabilité des médias sociaux quant à la vie privée des internautes utilisant leur réseau et dont elles hébergent des données : Les poids lourds commencent à rendre des comptes – certes fort timidement – aux autorités concernées.

La politique de confidentialité des ténors des médias sociaux

Ainsi, Facebook vient de conclure un accord avec la Federal Trade Commission (FTC) en ce qui concerne sa politique de confidentialité : Selon les termes de cet accord, Facebook devra notamment obtenir le consentement de ses utilisateurs chaque fois qu’il modifie rétroactivement, sa politique de confidentialité, et devra par ailleurs mettre en place une politique générale de confidentialité visant à prendre en compte les risques introduits par ses produits et services en la matière. Pour Facebook, le premier volet ne change a priori guère de chose : C’est un peu comme quand vous devez installer un logiciel que venez d’acheter, et que vous devez répondre oui sous peine de ne pouvoir installer le software : Vous êtes coincé. Et étant donné la prégnance de Facebook sur notre habitus, il y a peu de chance que les internautes se soucient plus que de raison de ces approbations à répétition pour lesquelles ils seront sollicités. C’est probablement davantage le second volet qui peut poser problème à la firme.

Signe d’un changement néanmoins…

Timides changements donc, mais d’un autre côté, c’est aussi le signe que les pouvoirs publics commencent à prendre d’une part la mesure des abus dont se rendent ou sont susceptible de se rendre coupables les grands opérateurs que sont Facebook, Google, ou Microsoft, pour ne citer que les plus connus,  mais aussi la mesure des risques qu’ils font courir aux autres (et courent eux même) et qui sont en relation avec la détention des données de leurs utilisateurs.  Des risques qui sont en dernier ressort assurables.  Les assureurs eux même ne sont pas forcément à l’abri de ce genre de préoccupation, eux par qui transitent notamment toutes sortes données (de santé notamment ) concernant leurs assurés. Eux qui n’hésitent pas comme d’ailleurs d’autres entreprises à recourir au Data Mining pour faire du profilage (y compris dans cet exemple sur les réseaux sociaux)… D’ailleurs avec l’âge d’or des données (le règne de l’open data) qui nous annoncé, c’est un nombre croissant d’acteurs qui vont être concernés par ce genre de problématique.

visuel illustrant le data mining

Vers une typologie des risques

Les médias sociaux et plus généralement les médias en lignes introduisent une telle variété de risques, qu’il n’est pas inutile d’en dresser la typologie. Ce sera l’objet de mon prochain article. Parmi les grandes affaires médiatiques qui ont émergé ces dernières années sur fond de réseaux sociaux, on peut citer bien sûr le cas du sénateur de l’état de New York, Anthony Weiner qui  a du renoncer à son mandat, après un malencontreux tweet dirigeant vers une image de sa personne dans une posture inappropriée, ou bien celui de Courtney love qui fut condamné à verser la modique somme de 430 000 dollars (sans compter les intérêts) pour des propos diffamatoires publiés sur ses comptes myspace et twitter en 2009.

Dans le registre professionnel,  je citerai le cas intéressant d’un juge administratif du National Labor Relations Board (NLRB) qui en septembre 2011, a jugé une affaire portant sûr  une association de Buffalo (Hispanics United of Buffalo) qui avait illégalement renvoyé cinq employés au motif qu’ils avaient posté des commentaires sur Facebook décrivant leurs conditions de travail. L’association a du réintégrer les cinq employés en leur versant les arriérés de salaires. Le juge a en effet estimé que la discussion des employés sur Facebook, relevait des disposition du National Labor Relations Act car il s’agissait d’une conversation entre collègues à propos de leurs conditions de travail. Cette affaire est intéressante, car une jurisprudence comparable en France a donné raison à l’employeur dans un cas apparemment similaire en 2010, jugeant que le mur de Facebook constitituait un espace public. (sur ces questions vous pouvez aussi lire ceci ). [J'avoue ne pas connaître suffisamment le sujet pour décrire par le menu la question dans cet article, je vous invite à me faire parvenir vos sources si vous avez des pistes, j'essaierai quant à moi de trouver doc et jurisprudence "à jour" que je mettrai en lien sur cet article].

Augmentation conséquente du contentieux

En résumé : Nous sommes encore dans le registre de “l’exception”,  mais il y a de fortes chance que le contentieux en rapport avec les médias sociaux explose dans les prochaines années  : Le recours croissant aux médias et réseaux sociaux dans la vie de tous les jours, donne naissance à un vaste spectre de risques et de responsabilités (vie privée, confidentialité des données, sécurité, propriété intellectuelle, pratiques d’emplois), ainsi que d’autres risques concernant aussi bien les individus que les entreprises, ou encore l’État, ses collectivités ses établissements : Bref il n’y aurait aucun domaine de la vie publique qui serait exempt de risque en la matière. Sauf qu’on peut bien sûr hiérarchiser ses risques…

L’autre grand risque liées aux données : Les data breaches

visuel illlustrant les data breaches

Quelques 340 organisations (au bas mot selon moi) couvrant des domaines aussi divers que le commerce, les finances, l’éducation, le gouvernement et le secteur de la santé ont révélé avoir subi des violations de données (data breaches) en 2011, d’après l’Identity Theft Resource Center. L’attaque dont a été victime le réseau de jeu en ligne de Sony en avril 2011 a porté sur quelques 100 millions de comptes. En octobre 2011, toujours chez Sony,  une attaque du réseau playstation et d’autres services de jeux en ligne de la firme japonaise compromettait lui quelques 93 000 comptes utilisateurs. On pourrait aussi parler des nombreux cas de violations de données recensées aux États-Unis en 2010 et 2011 à propos des données personnelles de santé, et portant là aussi dans certains cas sur des millions d’enregistrements.

Fort de cet état de fait, la Securities and Exchange Commission (SEC) a récemment rendu public un ensemble de recommandations incitant notamment les entreprises cotées en bourses à notifier aux instances compétentes les épisodes d’attaques cybernétiques dont elles sont victimes, ainsi que la couverture d’assurance qu’elles ont souscrite pour y parer… Dans le même temps au niveau fédéral, un certain nombre de propositions de lois et de régulation (portant notamment sur la question de la notification des cas de violations de données) ont été déposées devant le congrès sur les question de cybersécurité. Au niveau des États Américains, ils sont déjà 46 a avoir mis en place des lois portant sur les violations de données (voir les annexes du document cité en bas de page)

En 2011 le cabinet de conseil Fulbright & Jaworsk a effectué une grande étude pour mesurer les tendances en termes de contentieux en relation avec les médias sociaux, à la fois aux USA et au Royaume uni, les résultats ont mis en évidence que les questions liées à la confidentialité et à la protection des données, émergeaient particulièrement dans les phases de collecte de données, avec des équipements appartenant à l’entreprise (57% des sondés ont signalé un problème) et/ou avec des les équipements personnels des employés (50% des sondés).

à suivre  : Typologie des risques liés aux données et plus généralement au monde connecté (avec l’inévitable e-reputation abordée en filigrane ici) /prospective et inventaire des solutions existantes en assurance

Source : Social media Liability décembre 2011

 

Les chiffres européens de l’assurance en séries longues – Document du CEA

Chiffres mondials des primes d'assurances sur la période 2001-2010

Fin décembre le CEA (Fédération européenne de l’assurance et de la réassurance) a publié les statistiques des assurances européennes pour la période 2001-2010  (European Insurance in figure dec 2011).  Les assureurs du CEA représentent 95% des assureurs européens, leurs chiffres donnent donc une bonne approche des performances du secteur. En matière de statistiques « publiques » la norme est souvent de un an en termes de délai, les chiffres fournis ici s’arrêtent donc en décembre 2010. à quand des délais raccourcis dans un monde ou l’on nous vante continuellement les mérites du « temps réel »? Ma foi je ne sais pas…

Les séries longues

L’intérêt de notre document, c’est qu’il fournit les séries longues (2001-2010) ce qui permet de suivre les tendances lourdes du secteur. En 2010 les assureurs du CEA auront encaissé en tout 1 104 milliards d’euros de prime et injecté 7 500 milliards d’euros dans l’économie (soit Trois fois le PIB de la France). En tout les assureurs européens emploient 1 million de personnes. En 2010, les choses n’auront pas été si mal que ça, puisque qu’il y a eu une hausse de 2,5% du montant total des primes (en baisse par rapport aux 3% de 2009, mais beaucoup mieux que les -6% de 2008).

Le gros marché européen des assurances

Signe du gros marché que constitue l’europe : Les primes d’assurances vie représentent 60% de l’ensemble des primes à l’échelle mondiale. (676 milliards en 2010, en augmentation de 2,5%). Le Royaume Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie représentent 70% du total européen pour l’assurance vie.

Comparons maintenant les augmentations respectives des branches auto et santé : 

chiffres européens de l'assurances auto pour la période 2001-2010
Nous voyons que grosso modo les niveaux de primes encaissées restent relativement stables sur la période. Observons maintenant les chiffes de l’assurance santé :

chiffres européens de l'assurance santé sur la période 2001-2010
Vous savez à quoi correspond la hausse brutale constatée en 2006? Tout simplement à la privatisation du système de santé des Pays-Bas.

Conclusion

Beaucoup de choses intéressantes dans ce document pour une réflexion de fond et une analyse sur le marché européen, on pourrait citer par exemple l’intéressant graphique illustrant les canaux de distribution par pays, ou bien celui comparant – toujours par pays – le volume de primes mais per capita, etc…

Source : European Insurance in figures 2011

 

Quand les compagnies d’assurance font du lobbying

capture d'écran du site stop surcharge

L’affaire fait grand bruit dans l’Etat de Californie : Le secrétaire d’état vient de confirmer que le 2012 Automobile Insurance Discount Act  serait bien présent parmi les propositions en vote à l’occasion des prochaines élections d’Etat  (gubernatorial ballot) en novembre.  L’initiative a recueilli les 504 760 signatures requises pour mettre au vote la mesure.

Un lobbying bien circonscrit

L’initiative en question est soutenue par l’American Agents Alliance (AAA), qui justifie la mesure en affirmant qu’elle permettra au plus grand nombre d’obtenir des réductions sur ses primes d’assurances auto, mais mais ce n’est pas tout à fait l’avis des associations de consommateurs comme nous le verrons plus bas. L’AAA est en fait financée par la “California Insurance Providers for Competitive Prices and Consumer Discounts” une association montée de toute pièce pour l’occasion, et qui elle bénéficie des fonds de seulement cinq sources:  George Joseph, le PDG de Mercury Insurance ( $8,227,126.97),  3 des agents de la compagnie ( $29,000) ainsi qu’une donation d’un agent d’assurance santé ($5,000 donation) ; l’AAA étant elle comme son nom ne l’indique pas forcément constituée au départ par des agents de Mercury Insurance. L’affaire pourrait paraître rocambolesque, sauf que les choses sont tout à fait sérieuses, et ce mini groupe de lobbying est parvenu à récolter plus de 500 000 signatures…

Deuxième acte

Le projet de loi est d’abord la création de George Joseph, le CEO du groupe d’assurance Mercury, accessoirement milliardaire de son état. M Joseph avait déjà proposé ce projet en 2010, un projet qui avait été rejeté par les électeurs en dépit des 16 millions de dollars investis par Mercury pour influencer les électeurs, via une grande campagne de com destinée à marquer les esprits.

Pénaliser les trous de couverture pour l’assurance auto

Le but de l’Automobile Insurance Discount Act c’est d’obtenir le retrait d’une mesure de protection du consommateur datant de 1988 (Proposition 103 de l’insurance reform initiative) qui a pour conséquence de rendre illégal de sur-tarifer les primes d’assurance auto en fonction de l’historique d’assurance des conducteurs.  Si cette loi est votée, elle autoriserait donc les compagnies d’assurance à augmenter les tarifs des contrats pour les conducteurs présentant des trous de couverture… D’après une association de consommateur (Consumer Federation of America), la Proposition 103 aurait permis aux assurés d’économiser plus de  $62 milliards de dollars depuis sa promulgation… L’argument de nos lobbyistes consiste  grosso modo à déclarer que les sommes ainsi récupérées par les assureurs, permettraient d’alléger les primes des “assurés permanents”. Sauf que cette brillante mesure se ferait au détriment d’un certain principe de solidarité.

Une mesure qui augmenterait les inégalités d’accès à l’assurance

D’après Consumer Watchdog , des millions de californiens verraient augmenter leur assurance de 40% (jusqu’à 1000 euros par an) : Cela concerne les étudiants (qui deviennent internes dans un College – rappelons qu’aux USA le permis s’obtient à 16 ans) , les personnes qui pour une raison ou une autre ont opté pour les transports en communs (il faut savoir que les assurances auto aux Etats-Unis sont beaucoup plus chères qu’en France, d’où une incitation plus forte  à la discontinuité de la couverture), les séniors, et les sans-emplois… On comprend donc que la majeure partie des personnes présentant des trous de couverture ont des difficultés financières, et qu’une telle mesure ne ferait en conséquence qu’accroître les inégalités d’accès à l’assurance…

Source :

http://www.prnewswire.com/news-releases/billionaire-insurance-baron-buys-way-onto-november-ballot-to-raise-auto-premiums-40-says-consumer-watchdog-137687508.html

Le site d’une association de consommateurs dont provient le visuel de l’article : http://stopthesurcharge.consumerwatchdogcampaign.org/

(pour un autre exemple de mesure lire ceci http://ballotpedia.org/wiki/index.php/California_Water_Bond_%282012%29)